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Témoignage d’Irène Hajos et Ginette Kolinka – Décembre 2009

Dans le cadre de la préparation du séjour mémoriel sur les traces de Rudolf Vrba, l’association a proposé, le jeudi 10 décembre à 18 heures une rencontre-témoignage avec Irène Hajos et Ginette Kolinka, déportées à Auschwitz-Birkenau. 180 personnes ont assisté à cette rencontre au cours de laquelle un buffet chaud a été servi agrémenté d’un concert de musique traditionnelle hongroise. Les Sentiers de la mémoire, c’est aussi une approche conviviale de la Mémoire.

Irène Hajos :

temoin_irene__18Née en 1922 à Nagykanisza, dans le sud de la Hongrie, Irène Hajos vit une jeunesse insouciante au sein d’une famille nombreuse. Elle rêve de faire carrière dans la haute couture. Elle se sent Hongroise avant tout et, patriote, elle pense que les Juifs seront protégés par le régent Horthy. En 1944, elle se réfugie donc à Budapest. La nasse nazie se referme sur elle. Elle est l’une des premières déportées hongroises. Son affectation à l’Union Werke, une usine d’armement située entre Auschwitz I et Birkenau, lui permettra de survivre. Après la guerre, elle fuit le régime communiste et s’installe en France.

Ginette Kolinka :

temoin_ginette__15Née en 1925, Ginette Kolinka grandit à Paris dans une famille juive d’origine ukrainienne. Pendant l’occupation allemande, la famille se réfugie en zone dite libre, à Avignon. Dénoncée, elle est dirigée avec plusieurs membres de sa famille au camp de transit de Drancy. Le 15 avril 1944, les portes de son convoi s’ouvrent sur la Judenramp d’Auschwitz-Birkenau. Sélectionnée pour le travail, elle est affectée aux kommandos de terrassement, parmi les plus éprouvants. Elle assiste à l’arrivée des convois de Hongrie. Elle survit malgré tout. Après sa libération, elle fonde une famille et se tait pendant des décennies.

L’extermination des Juifs de Hongrie constitue le point culminant de la technique génocidaire nazie :

imagessite_hongrois_17En 56 jours (du 15 mai au 9 juillet 1944), 437402 Juifs hongrois sont déportés vers le camp d’Auschwitz-Birkenau. 350000 d’entre eux sont gazés à l’arrivée. Vient ensuite le tour des déportés des deux ghettos de Budapest. Fusillés sur les bords du Danube, jetés sur les routes vers l’Allemagne ou l’Autriche dans des marches de la mort, des dizaines de milliers d’entre eux périssent. En 1945, seuls 200000 des 700000 juifs hongrois ont survécu à la Shoah.

Comment cela fut-il possible ?

imagessite_horthy_18Depuis 1919, la Hongrie est dirigée par le Régent Horthy, dirigeant autoritaire très conservateur qui éprouve des sympathies pour les régimes fascistes. Son nationalisme prime sur son antisémitisme ce qui ne l’empêche pas de ratifier les lois antisémites de 1938 qui privent les Juifs d’un certains nombres de droits. Allié de l’Allemagne nazie, il livre en 1941 les Juifs étrangers de Hongrie qui seront fusillés à Kamenets Podolski. Jugeant leur allié trop mou, les nazis envahissent la Hongrie le 19 mars 1944. Un gouvernement ultra collaborationniste se met alors en place sous l’égide de Ferenc Szálasi, le chef des Croix fléchées. L’extermination des Juifs hongrois peut commencer. Avec la collaboration du gouvernement hongrois, deux cents SS sous les ordres d’Adolf Eichmann organisent 147 convois en sept semaines. A Birkenau, les nazis ont fait construire la Banhrampe, ce quai ferroviaire qui entre au cœur du camp, à 200 mètres des chambres à gaz. Sur la rampe, pas de coups, pas de hurlements comme sur la Judenrampe. Les SS se font rassurants. Une manière plus rapide et plus efficace de mener les gens à la mort. La capacité d’incinération des crématoires se révélant insuffisante, on creuse des fosses où les corps sont brûlés à ciel ouvert.

Sauver les Juifs de Hongrie.

imagessite_rudolf_37En avril 1944, Rudolf Vrba s’évade d’Auschwitz-Birkenau afin de prévenir les Juifs de Hongrie de leur imminente extermination. Le Judenrat (Conseil juif) de Budapest ne sauvera qu’une poignée de ses coreligionnaires parmi les plus fortunés. En février et en novembre 2010, nous suivront le parcours de cet homme qui avec d’autres Justes : Wallenberg, Lutz… tenta désespérément de sauver ceux qui pouvaient encore l’être.

 

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